Bonjour à tous

J'insiste sur le fait que ce sont des études menées dans divers centre hospitaliers en France donc une possibilité de contacts  (cela peut compléter un article de 2014 sur des résultats menés aux USA.)

Ces neuropathies mal connues pourraient expliquer bien des douleurs et démangeaisons inexpliquées.

Des années d'errance diagnostique pour ceux qui en souffrent: c'est ce que vivent de nombreuses personnes, jusqu'au jour où le verdict tombe enfin. Celui de neuropathie des petites fibres. «L'atteinte des très petites fibres nerveuses (moins de 9 microns de diamètre) a longtemps été méconnue. Or, elle pourrait être responsable de douleurs inexpliquées se manifestant sous la forme de brûlures, picotements, fourmillements, décharges électriques, froid douloureux, démangeaisons, alors que la peau est normale, ainsi que des douleurs déclenchées par le simple contact avec un vêtement ou un drap (allodynie).

De plus, à côté de cette douleur aux caractéristiques bien particulières, des signes neurovégétatifs peuvent apparaître: par exemple, une production anormale de sueur (trop ou pas assez) et/ou de salive et/ou de larmes, des mains moites ou qui gonflent ou qui changent de couleur, une vessie capricieuse, des troubles digestifs, des troubles érectiles, des troubles vasomoteurs (œdèmes des pieds et des mains, rougeurs, etc.)», précisent le Pr Laurent Misery (service de dermatologie, CHU de Brest) et le Pr Damien Sène (service de médecine interne, hôpital Lariboisière, à Paris).

En revanche, il n'y a pas d'atteinte de la motricité ou de la sensibilité tactile. Du fait de ces douleurs au premier plan et parce que les neuropathies des petites fibres ne sont pas encore connues de tous, il est probable qu'un certain nombre de personnes (mais pas toutes) ayant reçu un diagnostic de fibromyalgie aient en réalité une neuropathie des petites fibres.

Devant la présence de plusieurs de ces signes, la logique voudrait donc que tout soit mis en œuvre pour établir le vrai diagnostic. C'est compter sans le manque criant de centres capables de réaliser les examens adéquats! La biopsie neurocutanée réalisée au niveau de la cheville et de la hanche, qui est l'un des examens clés, se fait dans moins d'une dizaine de centres en France! De plus, son analyse prend plusieurs semaines car il faut regarder de très près la densité et la morphologie des fibres de petit calibre présentes dans l'épiderme.

«Quand neuropathie des petites fibres il y a, leur densité est moindre et le diamètre des fibres, également altéré», estime le Pr Misery, qui a de son côté mis en place au CHU de Brest une consultation de neuro-dermatologie afin de repérer toutes les personnes se plaignant de démangeaisons pouvant relever d'une neuropathie des petites fibres.

Test au laser

Autre test diagnostique très utile: les potentiels évoqués au laser. Là encore, il n'est réalisé en France, de façon standardisée, que dans un nombre très restreint de services, comme celui des explorations fonctionnelles de neurologie à l'hôpital Henri-Mondor (Créteil) ou au CHU de Toulouse, ce qui est évidemment très insuffisant. «Ce test consiste à stimuler les petites fibres au niveau des mains et des pieds, grâce à un rayon laser délivrant une longueur d'onde spécifique. Ensuite, l'amplitude de l'influx nerveux et le temps de réponse par rapport à la stimulation sont mesurés au niveau de la moelle épinière et du cerveau: si les petites fibres ne sont pas stimulables ou si l'influx nerveux est altéré (trop faible, trop lent), le diagnostic de neuropathie des petites fibres peut être évoqué.

Enfin, il est possible de réaliser un test pour apprécier la capacité des glandes sudoripares à réagir lors des stimulations (courant continu de faible intensité) ou quantifier les seuils thermiques au chaud et au froid. Mais, là encore, ces examens ne sont pas encore assez disponibles», déplore le Pr Sène.

Pour le Pr Gwendal Le Masson (Neurocentre Magendie, Inserm, à Bordeaux), «ce n'est pas parce qu'un grand nombre de neuropathies des petites fibres n'a pas encore été diagnostiqué que tous les syndromes douloureux inexpliqués en font partie. Ainsi, faire la part de ce qui relève vraiment de cette pathologie ou non représente un enjeu majeur de la recherche actuelle. C'est pourquoi certains travaux portent sur l'optimisation des biopsies cutanées: faciliter le comptage du nombre de fibres et mieux repérer les anomalies portant sur le diamètre des petites fibres permettraient une meilleure diffusion de cet examen. D'autres travaux s'intéressent à ce qui se passe au niveau des glandes sudoripares et du tissu conjonctif autour des petites fibres, à la recherche de nouveaux éléments qui pourraient encore améliorer le diagnostic».

Une fois le diagnostic posé, le médecin peut enfin prendre en charge la cause de la neuropathie lorsqu'elle est retrouvée et peut en plus prescrire certains médicaments qui sont aussi antiépileptiques et/ou antidépresseurs, mais qui soulagent la douleur et le prurit. Il y a donc urgence à faire connaître cette pathologie: en 2016, il n'est plus concevable de passer à côté du diagnostic!

Source :

santé.lefigaro.fr - article du 4 janvier 2016